Le Blog de JEMM Research
lundi 8 octobre 2007
Le rachat de Business Object par SAP
Confirmant de nombreuses rumeurs récentes, SAP a annoncé le rachat de l'éditeur franco-américain Business Objects (2/3 de ses revenus sont fait aux US.)En mars 2007, Oracle avait racheté un éditeur d'outils de Business Intelligence, Hyperion, au prix de $52 par action pour un total de $3,3 milliards . Charles Philips, le président d'Oracle, avait alors déclaré que "des milliers de clients SAP s'appuient désormais sur Hyperion/Oracle pour leur système d'analyse, de reporting et de consolidation financière"
Réponse du berger à la bergère, aujourd'hui, SAP annonce le rachat de B.O pour 4,8 milliards d'euros ($6,8 milliards) au prix de 42 euros par actions ($59,35). L'objectif est d'accélérer la croissance (de $32 milliards en 2005 à environ $75 milliards vers 2010) et la couverture fonctionnelle (les solutions industrie de SAP et les solutions utilisateurs métier de BO).
B.O. était en situation délicate ayant émis un avertissement sur ses résultats et chargé la banque Goldman Sachs de trouver un investisseur.
Quelques commentaires :
- Pour SAP, outre le fait de contrer la stratégie d'Oracle, cela permet d'étendre son offre au delà des progiciels de gestion intégré vendus dans des marchés verticaux par une offre horizontale d'un ensemble d'outils de contrôle et reporting vendus aux utilisateurs métiers.
- Pour les clients des deux éditeurs (40% de clients commun) , c'est la garantie d'une intégration naturelle des points de contrôle dans les processus gérés. Il leur faut toutefois surveiller le processus de fusion (organisation, technologie, personnel) des deux entités car intégrer une acquisition de cette taille est une première pour SAP.
- Pour les clients de B.O qui n'ont pas SAP, la question se pose de l'indépendance future de l'entité B.O dans la grande maison SAP, et en particulier par rapport à la Business Process Platform (NetWeaver). Aujourd'hui, SAP prévoit de transformer B.O en une entité autonome de SAP, mais a déjà annoncé la rationalisation des offres au niveau de l'infrastructure.
Enfin, cela ouvre une fenêtre d'opportunité pour les éditeurs "best-of-breed" comme les partenaires Informatica ou Cognos.

